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Nuestra Señora de Guadalupe

Aujourd’hui, le 12 décembre, on fête « Nuestra Señora de Guadalupe » à la grande basilique de Mexico. Des centaines de milliers de pèlerins viennent à cette occasion de toutes les régions du Mexique. Certains ont fait des centaines de kilomètres à pied et terminent leur périple sur les genoux (au sens littéral..)!

 

 

 

 

Bref, pas la peine d’en rajouter car Notre-Dame de Guadalupe est une véritable star nationale,  « patronne de la ville de Mexico depuis 1737, patronne du Mexique depuis 1895, Reine du Mexique et Impératrice des Amériques depuis l’an 2000 (Jean-Paul II),  patronne de l’Amérique latine et j’en passe » (d’après Wikipédia…).

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Cette célébration est donc un événement unique, à ne manquer sous aucun prétexte et je suis donc parti très excité au petit matin pour voir ce qu’il en est (et ce,malgré les avertissements des mes collègues mexicains qui prennent chaque fois pour un fou..)…

Le grand boulevard San Juan de Aragon qui fait la jonction entre  la station de métro « Martin Carrera »  et  l’entrée de la Basilique est envahi  par une masse de compacte  qui visiblement vient de se réveiller. Certains ont planté leur tente ou dorment directement sur les trottoirs ou sur le bitume.  Les marchands du temple, les vendeurs ambulants s’agglutinent pour vendre leur camelote. Impossible d’approcher de l’entrée de la basilique à cause du monde et la foule devient carrément infranchissable dans les derniers centaines de mètres.

L’immense parvis de la basilique est transformé en « Woodstock » géant, le sol jonché de corps assoupis après les célébrations qui ont sans doute duré toute la nuit.

 

 

Les musiciens  et les danseurs ont maintenant envahi l’espace disponible, laissé par les pèlerins.  La plupart des groupes sont des indiens dans leurs tenues d’apparat, venus de l’ensemble des provinces du Mexique. Les danses sont rythmées par des percussions, qui mélangées entre elles, transforment ce parvis en immense caisse de résonance. C’est un véritable festival de couleurs : les danseurs rivalisent avec leur déguisement incroyable ; Ils portent tous des coiffes avec des immenses plumes  multicolores, des parures foisonnantes  et des peintures rituelles sur leurs corps. Les masques, points forts des fêtes villageoises,  nous ramènent aux rites chamaniques et profanes traditionnels. Des heaumes évoquent les animaux sauvages (jaguar, oiseaux exotiques bariolés de couleurs vives, aigle,  loup, cerf,..) ou les diables et démons  des mythologies précolombiennes.  Difficile à décrire tellement c’est beau et je laisse les photos prendre le relais….

 

 

Plus grand-chose à voir,  à vrai dire, avec la vierge de Guadalupe et j’ai un peu de mal à faire le lien et comprendre cette logique qui m’échappe.  Les hauts- parleurs de la basilique déversent des incantations à la prière (je crois deviner..) sans réussir à couvrir les chants, les tambours, les flûtes et les guitares des différents orchestres qui rivalisent entre eux.. En même temps se déroulent ces danses venues d’un autre temps, racontant les épisodes douloureux de l’histoire de la Conquista par les castillans, les batailles entre les maures et les chrétiens ou les humiliations infligées aux Noirs. C’est assez troublant, je dois l’avouer car le contraste est saisissant, à l’image de la culture mexicaine qui a su si bien agglomérer et ingérer les tendances multiples qui ont façonnées son histoire. La dévotion catholique des uns vient en miroir, complémenter la ferveur, les transes et les rondes répétitives de ces danseurs, illustres héritiers des cultures indigènes…

 

A suivre.

12/12/2015 – Basilica de Guadalupe – Mexico

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