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Procesión del Silencio

Cette procession, née en Espagne au XIIIe siècle, se déroule au Mexique depuis le XVIe siècle dans des villes comme Morelia, Taxco, San Luis Potosi et Queretaro. Elle a été rapidement adoptée comme l’une des principales traditions de la semaine sainte. La procession démarre le vendredi saint au Temple de Santa Cruz à Queretaro et se poursuit à travers les principaux points du centre historique de la ville.

Dans un grand silence, ponctué par le rythme des tambours, les pénitents, portant tuniques et cagoules aux couleurs de leurs fraternités progressent lentement sous le poids de leur lourde croix et des chaines attachées à leurs chevilles comme un signe de dévouement et de dévotion chrétienne.

Les rues sont pleines à craquer de fidèles, témoins de la ferveur religieuse omniprésente au Mexique.

Pendant la période du carême, des artisans sont dédiés à la production de personnages maléfiques qui représentent les sept péchés capitaux. Le samedi soir, des centaines de familles achètent leur Judas, le ramène chez eux pour le brûler en signe d’allégresse.

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Nuestra Señora de Guadalupe

Aujourd’hui, le 12 décembre, on fête « Nuestra Señora de Guadalupe » à la grande basilique de Mexico. Des centaines de milliers de pèlerins viennent à cette occasion de toutes les régions du Mexique. Certains ont fait des centaines de kilomètres à pied et terminent leur périple sur les genoux (au sens littéral..)!

 

 

 

 

Bref, pas la peine d’en rajouter car Notre-Dame de Guadalupe est une véritable star nationale,  « patronne de la ville de Mexico depuis 1737, patronne du Mexique depuis 1895, Reine du Mexique et Impératrice des Amériques depuis l’an 2000 (Jean-Paul II),  patronne de l’Amérique latine et j’en passe » (d’après Wikipédia…).

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Cette célébration est donc un événement unique, à ne manquer sous aucun prétexte et je suis donc parti très excité au petit matin pour voir ce qu’il en est (et ce,malgré les avertissements des mes collègues mexicains qui prennent chaque fois pour un fou..)…

Le grand boulevard San Juan de Aragon qui fait la jonction entre  la station de métro « Martin Carrera »  et  l’entrée de la Basilique est envahi  par une masse de compacte  qui visiblement vient de se réveiller. Certains ont planté leur tente ou dorment directement sur les trottoirs ou sur le bitume.  Les marchands du temple, les vendeurs ambulants s’agglutinent pour vendre leur camelote. Impossible d’approcher de l’entrée de la basilique à cause du monde et la foule devient carrément infranchissable dans les derniers centaines de mètres.

L’immense parvis de la basilique est transformé en « Woodstock » géant, le sol jonché de corps assoupis après les célébrations qui ont sans doute duré toute la nuit.

 

 

Les musiciens  et les danseurs ont maintenant envahi l’espace disponible, laissé par les pèlerins.  La plupart des groupes sont des indiens dans leurs tenues d’apparat, venus de l’ensemble des provinces du Mexique. Les danses sont rythmées par des percussions, qui mélangées entre elles, transforment ce parvis en immense caisse de résonance. C’est un véritable festival de couleurs : les danseurs rivalisent avec leur déguisement incroyable ; Ils portent tous des coiffes avec des immenses plumes  multicolores, des parures foisonnantes  et des peintures rituelles sur leurs corps. Les masques, points forts des fêtes villageoises,  nous ramènent aux rites chamaniques et profanes traditionnels. Des heaumes évoquent les animaux sauvages (jaguar, oiseaux exotiques bariolés de couleurs vives, aigle,  loup, cerf,..) ou les diables et démons  des mythologies précolombiennes.  Difficile à décrire tellement c’est beau et je laisse les photos prendre le relais….

 

 

Plus grand-chose à voir,  à vrai dire, avec la vierge de Guadalupe et j’ai un peu de mal à faire le lien et comprendre cette logique qui m’échappe.  Les hauts- parleurs de la basilique déversent des incantations à la prière (je crois deviner..) sans réussir à couvrir les chants, les tambours, les flûtes et les guitares des différents orchestres qui rivalisent entre eux.. En même temps se déroulent ces danses venues d’un autre temps, racontant les épisodes douloureux de l’histoire de la Conquista par les castillans, les batailles entre les maures et les chrétiens ou les humiliations infligées aux Noirs. C’est assez troublant, je dois l’avouer car le contraste est saisissant, à l’image de la culture mexicaine qui a su si bien agglomérer et ingérer les tendances multiples qui ont façonnées son histoire. La dévotion catholique des uns vient en miroir, complémenter la ferveur, les transes et les rondes répétitives de ces danseurs, illustres héritiers des cultures indigènes…

 

A suivre.

12/12/2015 – Basilica de Guadalupe – Mexico

Galerie

El cuerpo en todos sus estados

 

Le corps nu, meurtri, torturé, joyeux, festif et finalement reposé. La représentation du corps dans tous ses états : sculpture, aquarelle, danse, fresque murale comme un miroir de nos destins multiples. Enfin, le corps déguisé, masque de nos peurs et de nos souffrances et lointains souvenirs de notre innocence.  “Les grandes personnes ne sont que des enfants déguisés” disait Daninos.

Bonne visite de ce nouveau chapitre mexicain…

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Toutes les images de ces premiers mois se télescopent dans ma tête : elles s’assemblent ici pour former cet extraordinaire kaléidoscope de couleur et de sentiments de Cuetzalan à Zatecas en passant par Mexico. Les corps sublimés par l’art, omniprésent ici au Mexique et les corps transfigurés par la fête, en particulier pour el dia de los muertos…

“Les extrêmes marquent la frontière au-delà de laquelle la vie prend fin, et la passion de l’extrémisme, en art comme en politique, est désir déguisé de mort.”- M. Kundera

 

 

 

 

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Dias de Muertos – Concurso de disfraces de la CALAVERA CATRINA

La « Catrina », extravagante créature féminine qui prend la  forme d’un squelette vêtu d’habit très coloré et portant un chapeau (photo) est une figure emblématique de la fête des morts et de la culture mexicaine en général.J’ai assisté à Xochimilco au concours de la plus belle « Catrina » avec des représentantes de différentes régions du Mexique.

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